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Vaccin thérapeutique autologue APAVAC®​
Le rôle du système ganglionnaire

Préparé directement à partir du prélèvement tumoral, l’immunothérapie spécifique anticancéreuse APAVAC® répond au principe d’une vaccination, à la différence près qu’elle fonctionne, contrairement à la vaccination conventionnellement préventive, sur une pathologie déjà active. 

On parle en conséquence d’une vaccination thérapeutique. Mais ce concept, nécessite, lui aussi, d’activer l’effet « mémoire » de l’immunothérapie en activant différentes voies de la réponse cellulaire, à savoir d’abord la population CD8+ de lymphocytes tueurs puis la population CD4+ de cellules T auxiliaires folliculaires situés dans le ganglion.

Il existe plusieurs classes de Lymphocytes 

En plus des lymphocytes B qui sont responsables de la production d’anticorps pour activation de l’immunité humorale, il existe 3 classes de lymphocytes T responsables de l’immunité cellulaire.

Les récepteurs d’antigènes de ces lymphocytes T, ne reconnaissent que les fragments peptidiques d’antigènes protéiques qui sont liés à des molécules spécialisées de présentation des peptides CMH, à la surface des cellules spécialisées, appelées Cellules Présentatrices de l’Antigène (CPA).

  • Les lymphocytes T auxiliaires (Lymphocytes T CD4+) parce qu’ils aident, en particulier, les lymphocytes B à produire des anticorps
  • Les lymphocytes T cytotoxiques CTL (Lymphocytes T CD8+) parce qu’ils tuent les cellules tumorales
  • Les lymphocytes T régulateurs (sous ensemble spécial de Lymphocytes T CD4+) dont la fonction est de prévenir ou d’atténuer les réponses immunitaires.

Le tableau suivant résume les principales propriétés des lymphocytes du systéme immunitaire adaptatif

Les mécanismes immunitaires du rejet de la tumeur​

Le principal mécanisme immunitaire d’éradication des tumeurs est basé sur un volet inné par les cellules Natural Killer (NK) et un volet adaptatif grâce aux Cellules Lymphocytes T (CTL) spécifiques des antigènes tumoraux. Les cellules tumorales étant instables génétiquement, elles synthétisent des protéines modifiées qui constituent des antigènes normalement reconnus par le système immunitaire (TAA : Tumeur Associated Antigens).

Les NK reconnaissent les cellules cancéreuses sans intervention d’une reconnaissance immunitaire et présentation de TAA.  La grande majorité des néo-antigènes tumoraux qui déclenchent les réponses immunitaires adaptatives chez les individus porteurs de tumeur sont des protéines cellulaires cytosoliques ou nucléaires synthétisées de manière endogène, apprêtées par des protéasomes et présentées sous forme de peptides associés aux molécules du Complexe Majeur d’Histocompatibilité (CMH) de classe I.

Ces antigènes sont reconnus par des CTL CD8+ et restreints par les molécules du CMH de classe I dont la fonction est de détruire les cellules produisant ces antigènes. Les réponses des CTL contre les tumeurs sont initiées par la reconnaissance des antigènes tumoraux sur les cellules présentatrices d’antigène (CPA). Les CPA savent ingérer les cellules tumorales ou leurs antigènes et les préparer et les présenter aux cellules CTL CD8+immunitaires naïves, en particulier dans les ganglions lymphatiques. 

Cette présentation des peptides dérivés des antigènes tumoraux ingérés se fait sur les molécules de CMH de classe II et permettre également leur reconnaissance par les CTL CD4+. On parle de présentation ou sensibilisation croisée (cross-priming).

Rôle des protéines du choc thermique dans le cross-priming des CTLs​

Cette présentation des peptides dérivés des antigènes tumoraux ingérés se fait sur les molécules de CMH de classe II et permettre également leur reconnaissance par les CTL CD4+. On parle de présentation ou sensibilisation croisée (cross-priming).

Les protéines du choc thermique (Heat Shock Proteins) sont des chaperons moléculaires qui se lient et stabilisent les protéines à des stades intermédiaires de repliement, assemblage, translocation à travers les membranes et dégradation.

Les cellules cancéreuses qui sont soumises à un stress métabolique, synthétisent de grandes quantités de protéines de stress qui sont également retrouvées dans le sang (1) selon Ciocca et coll. Outre leur rôle de stabilisation des protéines dans des conditions de stress cellulaires, les HSPs ont un rôle dans le déclenchement de la réponse immunitaire. Les HSPs convoient les antigènes peptidiques qui sont chaperonnés par ces protéines pour présentation aux cellules du système immunitaire :

  • Les peptides générés par le protéasome dans le cytoplasme sont transportés à travers la membrane du réticulum endoplasmique par les transporteurs TAP, chargés dans les protéines du CMH de classe I et présentés aux cellules CD8+ cytotoxiques.
  •  Les peptides générés par les hydrolases acides dans le lysosome sont chargés dans les protéines du CMH de classe II et présentés aux cellules CD4+  (2).

Quel est le rôle des ganglions dans la réponse immunitaire ?​​

C’est dans le ganglion que les anticorps vont mobiliser les nouveaux lymphocytes pour se préparer à combattre la tumeur. En conséquence, le mode d’action du traitement est très différent dans le ganglion que dans la tumeur.

Alors que dans la tumeur, les lymphocytes tueurs T CD8+ viennent se fixer et tuer les cellules tumorales, ils ont aussi pour fonction d’interagir, dans le ganglion, avec les lymphocytes T CD4+ auxiliaires. Ces cellules auxiliaires folliculaires n’attaquent pas directement la tumeur, mais sécrètent, en particulier, l’interleukine 4 qui va stimuler la prolifération des cellules tueuses. 

Les travaux récents de l’équipe de l’institut Pasteur (3) permettent ainsi de mettre en lumière le rôle clé du ganglion dans l’immunothérapie qu’il faut donc savoir prendre en compte pour le suivi thérapeutique des patients. L’objectif de laisser le temps aux cellules recrutées de sortir du ganglion et de rejoindre la tumeur pour amplifier la réponse immunitaire déjà en place.

Quid de la procédure du "noeud lymphatique sentinelle" ?​​

En médecine humaine, dans de nombreux types de cancer, l'identification et l'ablation des ganglions lymphatiques affectés sont essentielles pour une prise en charge précise du cancer, y compris le traitement et le pronostic. Historiquement, la lymphadénectomie et la résection radicale subséquente basées sur l'anatomie régionale, la palpation et l'aspiration des ganglions lymphatiques étaient considérées comme suffisantes. Cependant, les approches modernes avec la cartographie des ganglions lymphatiques sentinelles (SLN) ont augmenté la précision de la prise de décision chirurgicale. Chez les patients vétérinaires, les techniques de cartographie préopératoire et peropératoire des ganglions lymphatiques sentinelles sont similaires à celles utilisées en médecine humaine. Bien que nombre de ces techniques soient très efficaces, les principaux défis posés par les méthodologies actuelles sont leur sensibilité et leur spécificité pour la présence d'un cancer.

Ainsi pour toutes ces raisons, il est impossible, pour plusieurs auteurs en médecine vétérinaire, de considérer la recherche et l’ablation du ganglion sentinelle comme un « gold standard » (4). En effet, dans l’état actuel des connaissances, la balance bénéfice/risque ne semble pas en faveur d’une recommandation systématique de l’exérèse du ganglion sentinelle qui doit être réservée aux cas de bilans d’extension exhaustifs négatifs.

Pour conclure​​

Le traitement APAVAC® permet de fixer, concentrer et vectoriser les antigènes tumoraux qui associés aux protéines du choc thermique ont pour objectif d’activer le système immunitaire spécifique de l’animal contre sa propre tumeur. 

Son mécanisme d’action s’appuie sur l’effet cytotoxique direct des lymphocytes T CD8+ mais implique aussi l’activation des lymphocytes T CD4+ auxiliaires indispensables à la stimulation continue et prolongée des cellules effectrices de la cytotoxicité à l’encontre des cellules tumorales. 

Le système ganglionnaire à toute son importance pour pérenniser l’efficacité de l’immunothérapie durant le déroulement du schéma vaccinal complet de 5 mois. 
En aucun cas, l’exérèse du ganglion sentinelle ne doit être systématisée.
 


REFERENCES

1.  Ciocca DR, Calderwood SK. Heat shock proteins in cancer: diagnostic, prognostic, predictive, and treatment implications. Cell Stress Chaperones. Summer 2005;10(2):86‑103.
2.  Schuette V, Burgdorf S. The ins-and-outs of endosomal antigens for cross-presentation. Curr Opin Immunol. févr 2014;26:63‑8.
3.  Ruggiu M, Guérin MV, Corre B, Bardou M, Alonso R, Russo E, et al. Anti-PD-1 therapy triggers Tfh cell-dependent IL-4 release to boost CD8 T cell responses in tumor-draining lymph nodes. J Exp Med. 1 avr 2024;221(4).
4.  Keravel O. Médecins et chirurgiens unis contre le cancer. Médecine Chirurgie Anim. juin 2023;(8):78‑82. 

 

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